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#cinema, @XavierDolan

Mathias et Maxime, le dernier opus de Xavier Dolan, m’a transportée. Explications…

Pour le contexte, on retrouve un foyer sans père, un rapport étroit du héros à sa mère, qui ne répond pas à ses attentes. Psychotique, elle le blesse volontairement, physiquement et psychologiquement. Il s’en occupe cependant du mieux qu’il peut mais elle ne mesure ni ses efforts ni sa souffrance. Certaines scènes heurtent le spectateur, par la souffrance qui sourd du héros, comme dans les films de John Cassavetes.

La bande de copains, plus ou moins « légère  » dans ses jugements ou distractions, lui apporte son soutien, quelle que soit sa décision (départ à l’étranger) ou leur incompréhension de ses motivations (changer de cadre, fuir sa mère, un amour non réciproque…?).
Un film sur la fidélité, l’amitié, et ses ambiguïtés. Sur les tâtonnements de l’amour, au-delà du sexe. D’ailleurs, Xavier Dolan perçoit finement la confusion des genres, un thème très actuel, sans porter de jugement. L’essentiel est ailleurs, dans un regard tendre sur les faiblesses de l’autre, la capacité à pardonner, à risquer l’amour inimaginable et qui constituerait un aboutissement. Il décrit avec des allusions très touchantes un savoir intime, indicible et originel de l’intensité des sentiments envers un proche.

La pudeur, la joie et l’espoir parsèment l’histoire chaotique du héros, travailleur à la petite semaine, confronté à son ami brillant et professionnellement accompli.
Le dicton « qui aime bien châtie bien » se voit appliqué à maintes reprises dans cette histoire chantante (l’accent québécois apporte parfois une touche de poésie et d’humour). Cependant, plus qu’un récit sur les victimes de l’amour, le film distille une certaine idée de la résilience et du chemin vers la découverte de soi.

Une œuvre magnifique, aussi puissante que Mommy qui révéla Xavier Dolan au grand public.