Étiquettes

, , ,

Lac des cygnes, regard sur l’altérité et inégalités

Un excellent article de Jean-Pierre Robin dans le Figaro économie du 4 février 2019 évoque la questions des inégalités à travers le regard d’un historien…

Walter Scheidel, auquel il fait référence, explique que le remède aux inégalités n’est ni le progrès technique ni la croissance mais les calamités, d’origine humaine ou naturelle. Il constate que toutes les expériences pacifiques  de réduction des inégalités (réforme agraire, politique fiscale de redistribution, arrivée au pouvoir de partis de gauche sans violence etc.) sont inefficaces. Pour lui quatre facteurs peuvent y remédier et ont fait leurs preuves: les « guerres de mobilisation massive » (Etat- Providence suite aux deux guerres mondiales), la révolution (partage des terres et hausse des salaires), le délitement de l’Etat et des structures sociales (effondrement de l’Empire romain, montée en puissance de l’église) et enfin les épidémies continentales (peste noire et doublement des salaires des travailleurs). Ainsi, en période de paix et de prospérité les inégalités se creuseraient et se dissoudraient lors de conflits majeurs ou troubles profonds de la société. La crise des gilets jaunes traduirait-elle une voie de sortie des inégalités actuelles à moyen terme?

Le Ballet du Rhin présente à Mulhouse Le lac des cygnes, par le chorégraphe Radhouane El Meddeb. Cette pièce exceptionnelle revisite le ballet classique de Tchaikovski d’une manière séduisante et inattendue. Vêtus de blanc, en costumes de gaze légère et broderies habiles, les danseurs évoluent sur un plancher dépouillé. Tous pratiquement restent en scène tout au long du spectacle, dérogeant avec la participation classique des solistes sur des temporalités plus fortes. La psychologie des personnages se dévoile collectivement. Le troisième acte a été supprimé. L’histoire d’amour joue les transformations. Comment ce ballet très connu et interprété peut-il encore parler de manière contemporaine? L’évolution des techniques, du corps humain, du spectacle vivant, peut-elle s’accommoder d’une danse à la manière de…les sentiments demeurent: l’amour, la solitude, la peur, la domination, le désir de retrouver l’autre envahissent les solos et variations. Le ballet affirme sa personnalité, contrairement au ballet classique dans lequel tous les danseurs, hormis les étoiles, se fondent en une masse neutre. Une pièce à découvrir d’urgence!

Publicités