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L’église Saint-Thomas présente une exposition de jeunes étudiants de la HEAR, sur la parabole du Fils prodigue. Ceux-ci l’ont détournée pour aborder la question des deux frères.

L’un part et l’autre reste. L’un se frotte aux difficultés du monde et revient en haillons, penaud et pauvre, cependant que l’autre jalouse le traitement que lui réserve leur père. Quelles interprétations donner à cette parabole aujourd’hui et comment préserver l’ouverture de la réflexion dans le rendu plastique?

Deux oeuvres m’ont plus particulièrement touchée …

Samuel Jacques, Deux frères rentrant chez eux

Samuel Jacques relate ainsi comment il se disputait souvent avec son frère dans sa jeunesse et comment la victoire lui échappait toujours. Ils se battaient, déguisés en chevaliers, d’où la cotte de maille qu’il a créée pour rappeler ces épisodes. Il a en complément, apposé les photographies de deux amis, frères dans la vie, et se ressemblant peu. Ils cheminent sur une route illuminée par les réverbères, dans un décor dépouillé. La lumière peut évoquer la lumière divine, surtout dans le contexte de Saint-Thomas. L’objectif de l’artiste était de montrer que l’harmonie peut régner malgré tout dans la fratrie, une fois les armes déposées.

Déborah Gabeloux, Le manteau

Plus loin, Déborah Gabeloux a tenté d’illustrer les liens qu’elle a avec sa demi-soeur, qui vit avec elle.  Son portrait lui échappe souvent et il diffère à chaque instant et pourtant se retrouve comme un motif récurrent sur ce manteau chamarré. Ses relations sont compliquées avec cette soeur schizophrène.  Le manteau illustre les liens qui les rellie mais témoigne aussi de ses voyages artistiques hors de la maison, en liberté. C’est aussi le manteau du voyageur, qui le  suspend dès son arrivée, à bon port, au foyer partagé…

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