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Eleftherios Amilitos, 3 projets de sculptures à ne jamais réaliser ou à ne pas faire

Le Ceaac présente une exposition collective très riche de pièces sélectionnées par les étudiants du mastère Critique-Essais de l’université de Strasbourg, dans les collections du FRAC Alsace.

Je retrouve avec plaisir les dessins au graphite de Marc Bauer, déjà découvert au Frac Auvergne. Des associations de textes et de dessins surprenantes, banales ou spectaculaires. Il y est question de mémoire et de difficultés à se rappeler des événements. La fiction naît du mélange entre réel revisité et invention du récit. Une histoire se devine…

Marc Bauer, Dread

L’arbre prisonnier de bocaux de verre de François Yordamian interroge: le devine-t-on par transparence, est-il caché derrière une paroi de verre? Non, ses branches et son tronc sont disséminés dans divers bocaux et réagencés de telle manière qu’il se dresse dans son intégralité pour mieux tromper notre regard. Les éclats de lumière qui se reflètent dans cette installation contribuent à dérouter les sens et à ajouter une poésie discrète. Au-delà de la prouesse technique, la vivacité de la nature saisie dans le vide de l’oeuvre de verre incite à la méditation.

François Yordamian, Taxinomie 1987, L’arbre

Plus loin les tableaux d’Eleftherios Amilitos amusent: le spectateur est invité à imaginer des sculptures en 3 dimensions, à partir de tableaux abstraits. Le projet n’existera, peut-être, que dans notre tête. L’oeuvre est ici et ailleurs…

Les Splash de Claire-Jeanne Jézéquel, sculptures assez plates en terre cuite émaillée, jonchent le sol et on les imagine plus nombreuses encore, et de forme indéfinie. Humour et geste performatif au programme!

Claire-Jeanne Jézéquel, Splash 1 et 2

Les sens sont également perturbés à l’écoute des CD du Salon cerveau d’Etienne Charry. Les idées, comme les sons, passent en flux continu dans notre cerveau et ici se matérialisent en autant d’ambiances sonores, hésitantes, flottantes ou liquides. Il faut fermer les yeux et se laisser transporter…

La vue est âprement sollicitée chez Raphaël Denis, qui donne à voir l’intégralité des sept tomes d' »A la recherche du temps perdu », de Marcel Proust, sur une même toile. Une loupe est gracieusement mise à la disposition du visiteur pour lire les textes invisibles à l’oeil nu. Une expérience totale…

Jonathan Naas

L’oeuvre de Clément Cogitore représente des figurines religieuses mlses en vitrine et photographiées. Des néons crépitant et le bleu de la photographie plongent le visiteur dans  une expérience synesthésique et quasi cinématographique.

Dans le pavillon des résidences internationales, Jonathan Naas, de retour de Budapest, investit une pièce en noir et blanc, dans une peinture minimaliste et radicale, balançant entre folklore, ésotérisme, entre primitif et contemporain. Il pioche dans le recyclage d’objets et de signes hongrois pour les détourner et inviter à franchir les lignes entre mythe et connaissance. C’est très beau, et très maîtrisé. A voir!

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