Le Vent des Forêts ou l’invention des légendes contemporaines

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Vent des Forêts, les Totenkopf Kouglopfs d’Erik Nussbiker

Profitant d’un long week-end, je découvre enfin les sentiers du Vent des Forêts, qui dévoilent, deci-delà, des oeuvres d’art contemporain in situ.

Vent des Forêts, les pneus de None Futbol Club brûlent…

La manifestation fête ses vingt ans. Le jour du vernissage, un gigantesque pâté lorrain et des Totenkopf kouglopfs, imaginés par Erik Nussbiker, se dégustent devant le feu des pneus et la vidéo qui retrace les moments marquants de cette aventure particulière.

Vent des Forêts, Théodore Fivel, Salut pour tous, en cordée…

Vent des Forêts, Ryszard Litwiniuk, Renaissance

Les oeuvres qui fonctionnent le mieux présentent des dimensions imposantes, à la mesure de la forêt, ou qui la mettent en scène.

Les premières oeuvres, fabriquées en bois, réinventent les fonctions des arbres par exemple (Ryszard Litwiniuk). Cependant que les courts récits poétiques de Tatsuo Inagaki racontent comment les promeneurs s’approprient les oeuvres; c’est touchant et nous renvoie à nos propres commentaires parfois!

Parfois l’humour domine, comme avec les oeuvres d’Edouard Boyer , François Génot ou Stefan Rinck.

La forêt peut aussi devenir menaçante grâce à ses esprits malfaisants (Lionel Sabatté). Elle peut engloutir les hommes qui s’y aventurent pour échapper à d’autres dangers (Joël Thepault). Heureusement, de bonnes fées veillent sur les voyageurs (Jean-Luc Verna) et des génies animaux très sypathiques (Théodore Fivel et Marina Le Gall). La nature s’invite aussi dans des objets-oeuvres qu’elle colonise (Alain Domagala et Made). Le paradoxe est affiché: une barque en territoire sec, un banc devant lequel les buissons préviennent tout point de vue…le promeneur est invité à réfléchir!

Certaines oeuvres renvoient aux forces créatrices de la forêt: les insectes, comme les abeilles, peuvent produire des richesses délicieuses à l’odeur (la pièce recouverte de cire d’abeille de Sunoj D).

Cet environnement questionne le rapport de l’homme à la machine (Mathieu Pilaud).

Vent des Forêts, Joël Thepault, Exode

Vent des Forêts, Mathieu Pilaud, Turbin

Vent des Forêts, Lionel Sabatté, Chants silencieux

Vent des Forêts, Jean-Luc Verna, Réenchantement

Vent des Forêts, Sunoj D, Monts et merveilles

Vent des Forêts, Stefan Rinck, One of those who were too…

Vent des Forêts, Tatsuo Inagaki

Vent des Forêts, Marina Le Gall, Hannibal

Vent des Forêts, François Génot, Entrelacs 2 (fatras)

Vent des Forêts, Edouard Boyer, Station, Je suis toujours

Vent des Forêts, None Futbol Club, Keep warm burnout the rich

Vent des Forêts, Alain Domagala, Solstice et systole

Vent des Forêts, Aï Kitahara, 7,5 m2 de frontière

Vent des Forêts, Made, Mobilier désurbanisé

Chaque année, une dizaine de nouvelles oeuvres sont installées et s’ajoutent à celles des générations antérieures. Ainsi l’intérêt des touristes et amateurs d’art et de sentiers est ravivé.

Ce dispositif est d’autant plus intéressant qu’il met en réseau des partenaires issus d’horizons très divers: des agriculteurs, les personnels des Eaux et Forêts, des mairies des villages concernés, le Département, la Région Grand Est, la Direction des Affaires Culturelles, des designers, les cafés et autres lieux de restauration dans les villages, les chambres d’hôtes et gîtes, les scieries et autres artisans travaillant le métal,  etc.

Un écosystème est né, qui permet au quidam de cultiver sa bonne santé en marchant ou pédalant sur les chemins, de découvrir des paysages de toute beauté, d’apprécier des oeuvres en communion avec la nature et de partager avec les habitants cette respiration autour d’un verre !